• Comment choisir un partenaire après avoir connu l’inceste ?

    Comment reconnaître l’amour ?

    Il est très difficile d’y voir clair si on n’a pas travaillé sur soi… En effet, l’inceste vécu dans l’enfance explose la personnalité de l ‘enfant lui créant des conséquences psychiques profondes et durables qui altèreront sa vision de la vie, de lui-même et des autres. En particulier :

    S’attirer l’amour qui fait mal

    Cette personne n’a pas été respectée dans son corps d’enfant et à souffert à cause de l’adulte. Une fois adulte elle-même, cette personne abusée petite va regarder son partenaire amoureux comme un être potentiellement dangereux qu’elle va accepter (c’est du connu) ou qu’elle va rejeter (par peur de revivre la même chose). Elle vivra les deux extrêmes à chaque rencontre jusqu’à ce quelle se pose la question : » Pourquoi je ne rencontre que l’amour vache ou qui fait mal ? »

    Se méfier de l’amour

    L’abus dans l’enfance développe la méfiance mêlée de peur chez l’enfant qui va grandir en conservant cette méfiance pensant que c’est bon pour lui, que ça le protège. Une fois adulte, cette personne « naturellement » méfiante aura tendance à fuir un partenaire potentiel, ou alors souffrira de jalousie et/ou d’excès comportementaux. Comment faire confiance quand celle-ci a été saccagée enfant ? Et puis, la personne mémorise le fameux « Mieux vaut vivre seule que mal accompagnée »… ce qui nourrit cette méfiance. La boucle est bouclée : impossible de se lâcher.

    Ne pas arriver à s’aimer

    Souvent l’environnement familial enferme l’enfant dans le silence en lui faisant croire que « c’est tellement mal ce qu’il dit qu’il faut qu’il se taise ». Ainsi, il va grandir pensant qu’il dit des mauvaises choses, donc qu’il est mauvais. Une fois adulte, il aura beaucoup de mal à s’aimer, à s’accepter, car il ne l’a pas appris. Cet adulte soit cherchera l’amour insatiablement en se mettant au service des autres (servilité), soit il pensera que personne ne peut l’aimer et il deviendra asocial (l’ermite). Aucun de ces positionnements n’est juste ; la vie, les bonnes rencontres, un thérapeute lui apprendront à s’aimer, donc à aimer.

    S’abandonner à l’autre, impossible…

    L’inceste dénature la notion la plus authentique de l’amour. En effet, s’aimer est déjà une étape à franchir, se laisser aimer en est une autre peut-être encore plus grande. Se laisser aimer, c’est reconnaître que l’autre nous aime, nous veut du bien, veut être auprès de nous et nous cajoler dans ses bras. S’abandonner dans les bras de l’être aimé… normal non ? Très difficile chez quelqu’un qui a été pris de force petit et enserré dans des bras puissants en muselant la bouche. Les bras deviennent des étaux et le baiser mortifère. Il faut absolument que l’adulte incestué travaille sur cette équation : amour = souffrance. Car l’amour peut être nourricier, sublime, mais il ne le sait pas.

    Aimer ou être aimé ?

    En conclusion, pour être tranquille, on pourrait suivre le précepte de la chanson : « Aimer est plus fort que d’être aimé »… Rien n’est plus faux ! L’amour doit être vécu dans l’équilibre des forces nourricières et respectueuses. Aimer en étant peu aimé mène au sacrifice, à la souffrance, ce qu’adopte souvent l’adulte qui a été incestué petit.

    Aussi, pour choisir un partenaire d’amour en toute sérénité et confiance, cet adulte devra d’abord faire ce travail sur lui pour modifier les visions altérées de son enfance et regarder d’un oeil neuf et accueillant ce partenaire qui l’aime, sincèrement.

     

     

     

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