• Le plaisir pendant un inceste a t-il des conséquences ?

    Nous avons vu que l’enfant peut ressentir un plaisir purement mécanique pendant un inceste. Dès qu’il sera en âge de comprendre et de discerner ce qu’il s’est passé pour lui, il va se sentir submergé de honte et de culpabilité. Honte car cet acte sexuel est contre-nature, culpabilité car il a eu du plaisir dans une relation forcée alors qu’il aurait dû souffrir. Comment assimiler ces sentiments qui se télescopent ? En adaptant sa psyché à son quotidien, comme il pourra. Suivant les cas, il adoptera les comportements suivants (au choix) :

    Il ne s’autorise pas à avoir du plaisir dans la vie

    Etre heureux, joyeux, apprendre une bonne nouvelle, réussir quelque chose… sont des moments de la vie qui lui rappelleront qu’il n’a pas le droit, c’est interdit. Comme le plaisir est arrivé naturellement, il s’auto-punira en s’infligeant une mauvaise situation après. Par exemple, il apprend qu’il est admis à un examen, une migraine le terrassera tout-de-suite après la bonne nouvelle.

    Il aura peur du bonheur

    Ainsi, il confondra plaisir et bonheur. Par exemple, il a réussi à se marier avec la femme de son choix. Les débuts sont heureux mais sa programmation nocive de l’enfance va le rattraper et le convaincre que cela ne va pas durer. Son caractère va devenir ombrageux modifiant l’ambiance du couple. Sa femme en souffrira jusqu’à ce qu’elle demande le divorce, excédée par le tempérament belliqueux de son mari. Il conclura pour lui-même « Décidément, le bonheur n’existe pas. »

    Il ne se sent bien nulle part

    Mal à l’aise en société, il peut développer un tempérament solitaire, détester la foule, le monde, ou au contraire l’envier. Par exemple, étant seul chez lui, il peut rêver d’être un autre qui serait bien partout, et lorsqu’il est en société désirer plus que tout être seul chez lui. Ces paradoxes comportementaux lui feront rater des opportunités amoureuses ou professionnelles importantes.

    Il a du mal à trouver sa place

    La honte ressentie lors de sa prise de conscience relative au plaisir éprouvé, l’amènera à se dévaloriser sans arrêt jusqu’à ne plus connaître réellement sa valeur. Ainsi, soit il en fera trop (trublion pendant les fêtes, « moulin à paroles »…) soit il n’en fera pas assez (à l’écart en société, muet, participation très discrète). Ces écarts comportementaux susciteront la méfiance chez autrui qui aura du mal à distinguer le vrai personnage du faux. Est-ce le trublion ou le solitaire ? Cette interrogation des autres à son égard ne les motivera pas à se sentir à l’aise avec lui et confiant. Ainsi, il se sentira rejeté, mis à l’écart et ne saura pas comment faire pour modifier cela. Un balancement d’un pied sur l’autre qui pourra durer longtemps…

    En conclusion, le plaisir éprouvé pendant l’inceste génèrera chez l’enfant dans sa vie d’adulte des décalages sociaux et comportementaux dont il aura du mal à démêler l’origine. Ici aussi, un thérapeute pourra l’aider à faire la part des choses pour vivre ce qu’il lui a toujours manqué : l’aptitude au bonheur.


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