• Pourquoi l’enfant ne réagit-il pas à un abus sexuel ?

    Ne pas réagir à un abus sexuel équivaut-il à l’accepter ?

    Lorsque l’abus sexuel se produit, effectivement, l’enfant ne peut réagir, il est en état de sidération. C’est une expérience incompréhensible pour son cerveau d’enfant qui ne peut l’assimiler et donc est inacceptable et inexplicable. Pour autant, l’évènement est quand même stocké cérébralement mais pas traité.

    Le désir sexuel est-il essentiellement adulte ?

    Dans un monde adulte consentant, pour qu’il y ait une relation sexuelle épanouissante, elle est toujours précédée de désir. Celui-ci est une conception mentale de l’individu dont les conséquences sont physiques, l’attirance pour l’autre augmente au fur et à mesure que le désir s’amplifie, nourri par des fantasmes. Ce désir, ces fantasmes sont des conceptions abstraites que met en place le cerveau adulte pour amener la personne à avoir une bonne relation sexuelle. Tant que le rapport n’a pas eu lieu, le désir et les fantasmes restent virtuels, abstraits. Ils se concrétisent dans la réalité physique avec le rapport sexuel.

    Le cerveau d’un enfant est très concret, lui. Son désir est porté sur la possession de quelque chose : un jouet en vitrine de magasin, un gâteau dans la cuisine, un câlin de maman, un compliment de la maîtresse d’école etc… La zone de l’abstraction dans son cerveau n’est pas encore développée, cette zone cérébrale se limite au rêve, le fameux « quand je serai grand… » ou quand il joue ; sa zone d’abstraction est son imaginaire. Aussi, le désir sexuel est totalement inconnu de sa compréhension des choses de la vie.

    Comment un enfant comprend-il l’abus qu’il a subi ?

    Les expériences de l’enfant se déroulent toujours dans un monde concret (hormis son monde imaginaire). En conséquence, quand un adulte abuse de lui, de son corps, l’enfant est en territoire inconnu. Il ne sait pas gérer ce tsunami qui le propulse dans un monde adulte avec son corps d’enfant. C’est pourquoi il ne réagit pas car il N’A PAS APPRIS à réagir durant cet évènement. S’il est violenté, en plus, il connaîtra la douleur physique qu’il associera à ce que cet adulte lui a fait. Si ces abus se reproduisent, la peur va le gagner, avec la crainte d’en parler car il a entendu que « le sexe c’est sale » par exemple. Les conséquences une fois adulte seront désastreuses et multiples.

    L’enfant se souvient-il de ce vécu ?

    Cet état de sidération peut aller jusqu’à lui créer un déni de l’évènement. En effet, pour sauver l’enfant, son cerveau stockera dans sa mémoire à Long Terme l’évènement avec une belle porte blindée devant pour que l’enfant puisse grandir sans avoir accès à ce traumatisme. Le cerveau rouvrira l’accès à ce souvenir quand il estimera que cet adulte est apte à recevoir et à gérer l’information issue de son enfance. Cela peut arriver à 50 ans où subitement l’adulte retrouve cette mémoire spontanément, ou alors pendant un accompagnement thérapeutique. Le choc peut être tellement violent qu’il vaudra mieux se faire suivre en thérapie pour traiter cet inceste de manière sécurisée.

    Culpabilité, honte de soi, sentiment de souillure ressortiront lors de ces entretiens accompagnés et permettront à cet adulte de se libérer enfin de ce poids si nocif et nauséabond dans sa vie.

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